
Il y a quarante ans, lorsque le jeune médecin congolais Denis Mukwege arrive seul à Angers pour y poursuivre sa spécialité de Gynéco Obstétrique, elle est de celles et ceux qui ont tendu la main sans hésiter. Aux côtés de Francis, son mari, et d’un petit groupe d’amis, Anne contribue à l’accueil de Denis, à l’installation de sa famille, et à ces gestes simples mais essentiels qui permettent à une vie de se reconstruire loin de son pays.
Une amitié profonde naquit alors entre Madeleine Mukwege et Anne. Une amitié faite de confiance, de présence, de solidarité. Elle ouvre sa porte, garde les enfants lorsque la famille en a besoin, offre ce soutien discret et constant qui dit mieux que les mots ce qu’est la fraternité.
Elle fut parmi les premiers fondateurs de France Kivu, et son engagement n’a jamais faibli. Elle suivait le parcours du Denis Mukwege « l’homme qui répare les femmes », figure mondiale de la lutte contre le viol comme arme de guerre avec une attention sans relâche, inquiète pour sa santé, parfois pour sa vie, admirative de son combat. Ce combat qu’il mène depuis 30 ans dans l’indifférence de la communauté internationale.
Elle disait souvent « Qu’est‑ce que je ne ferais pas pour Denis ! »
Aujourd’hui, France Kivu poursuit son action auprès des survivantes de violences sexuelles. Les graines semées par les fondateurs ont porté leurs fruits : l’association vit, agit, et continue d’incarner cette solidarité qui lui tenait tant à cœur.
Que son souvenir demeure vivant parmi nous. Que son engagement continue de nous inspirer.